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La Voix des Usagers de la Santé
A lire : Paradis ou Enfer ?
A lire : Lettre ouverte à Monsieur le Médiateur de la République
A lire : Crever comme un chien
A lire : le Rapport de la Haute Autorité de Santé sur la maltraitance ordinaire dans
les établissements de santé sur:
http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2010-01/rapport_ghadi_compagnon_2009.pdf
A écouter
: ma courte intervention du 11 février 2010 sur Radio France International (RFI) dans l’émission Priorité Santé animée par Claire
Hédon
A lire : COUP DE
GUEULE
A lire : La Saison des Signes 1,2,3 et 4
A lire : Des
textes de ma composition à la mémoire de nos Anges
http://www.violencescolaire.fr/ en mémoire de Noelanie petite victime d'un laxisme incompréhensible
Le Collectif National des Victimes de la Psychiatrie: un combat de parents, de proches pour que leurs êtres chers soient humainement considèrés.
Adresse messagerie: santeusagers@gmail.com
Sur 50 élèves dans ma classe, seule la moité des personnes travaillant en Ehpad se plaignent de maltraitance passive le plus souvent mais parfois de maltraitance active, cela représente une douzaine d'élèves dont je fais parti, cela fait déjà trop! J'ai de mauvaises conditions de travail, direction dictatoriale. Cela fait plusieurs mois déjà que je cherche un moyen de quitter cet établissement mais j'ai une épée de Damoclès: ma formation, je n'ai pas les moyens de me la payer moi même. Mais je refuse toujours d'entrer dans le cercle infernal du vite, du j'ai pas le temps..... Pour cela j'ai été menacée de m'arrêter ma formation et hier j'ai encore été menacée de blame parce que je n'allais pas assez vite pour aider une personne à la toilette. Lorsqu'il m'a hurlé dessus, mon directeur ressemblait à un personnage de manga. Petit, tout rouge, avec les postillons qui éclaboussaient un peu partout. Pour 14 résidents, j'ai 2h40 pour les aider, ce qui nous fait en arrondissant du 12 mns par personne. Ce temps comprend une aide à la douche ou une toilette alitée suivant la dépendance de la personne avec déshabillage, douche, rasage, ongles coupés,habillage coiffure et lit fait. Essayez de vous chronométrer vous personne valide et alerte? Moi je n'y arrive pas. Je ne sais pas comment et par qui sont définies ces 12 mns mais je sais qu'il n'y a pas un jour où je ne rentre pas chez moi avez un poids sur la conscience. L'après midi ça n'est pas mieux nous sommes 2 pour aider les résidents à aller aux toilettes, répondre aux sonneries des quelques rares résidents qui restent en chambre. (il y en 5 plus les malades: bronchite, conjonctivite, ou fin de vie.) En gros nous passons l'après midi à attendre qu'une collègue se libère pour pouvoir aider une personne. Vient le soir alors là c'est le pompon!!!! Nous avons exactement 4 mns par résident pour les aider à se coucher, déshabillage, toilette intime, soin buccal, mise en pyjama et mise au lit tout en ayant pensé à plier le linge propre, hydrater la peau des zones sensibles telles que les talons et le sacrum, remplir le verre d'eau et le mettre à proximité de la personne ainsi que sa sonnette d'appel! Et bien au lieu de partir à 21h je pars à 21h30 mais là personne ne vient me crier dessus puisqu'il n'y a plus personne de la direction et que je ne suis pas payée pour cette demie-heure. Je rappelle quand même que le projet de vie de résidents en EHPAD est essentiellement le soin et le maintient de l'autonomie.
Pour l'instant je ne sais pas trop par quel bout attaquer je n'ai pour l'instant trouvé aucun appui. Les familles se font aussi crier dessus quand elles déroge à la règle et tout le monde se tait par manque de place ailleurs et qui dit ailleurs dit plus loin, plus de frais et pour peut-être pire alors voilà rien ne bouge c'est toujours la loi de l'argent qui l'emporte!!!!!!!!
Si quelqu'un a des suggestions à me faire en matière de droit elle sont les bienvenues.
Merci d'exister, je me sens moins seule.
Depuis 10 ans elle avait la maladie d'Alzheimer.
Son mari n'a jamais accepté sa maladie. Il disait qu'elle était folle et l'embétait. Lorsque la maladie a évolué, malgré les réticences de mon beau-père j'ai fait appel à une auxilliaire de vie. Cette prestation a été prise en charge peu après par l'APA (GIR2). Habitant le même village, je passais le matin leur donner les médicaments, le soir leur tenir compagnie pendant leur dîner. J'ai trouvé une petite structure pour accueillir ma belle-mère deux jours par semaine. Elle était contente de "sortir" et mon beau-père pouvait se reposer ; il était lui-même souffrant (cancer de la gorge + poumon). Les dimanches je restais avec ma belle-mère, je l'emmenais se promener, rendre visite à la famille, au restaurant pendant qu'il profitait encore de belles journées de chasse.
Au fil du temps, cette maladie neurologique a malheureusement évoluée. J'ai fait la toilette de Mémé, le soir je la "mettais coucher" (elle dormait très bien).
En juin 2007 mon beau-père est décédé chez lui après 3 semaines de souffrance. Je suis restée avec Mémé tous les soirs. Elle allait toujours en accueil de jour, mais plus souvent (je travaille avec son fils ce qui arrangeait beaucoup de choses). Donc de juin à aout 2007 je suis restée avec Mémé, le temps de trouver une dame de compagnie. En septembre JO reste avec Mémé du lundi au mercredi matin - du jeudi au samedi matin. Les mercredis et samedis Mémé va en accueil de jour. Je reste chez elle les mercredis; samedis et dimanches soirs. Les 2 premières semaines Mémé est un peu réticente envers JO. Mais très vite les choses s'organisent très bien entre MA l'auxillaire de vie, JO, et moi. Toutes les 3 passeront de très bonnes journée, promenades, jeux, restos..
En juillet 2008 JO, fatiguée et surtout anxieuse d'être seule durant les congés de MA, nous "quitte". Je reprends le relai comme avant. Jusque décembre 2008. Une chambre se "libère" à la maison de retraite. La difficile décision du "placement" est à prendre. Je suis fatiguée, mes enfants et mon mari sont seuls depuis longtemps. Que faire ? Début janvier 2009 , la décision est prise, en se consolant qu'un jour ou l'autre nous ne pourrions plus assurer la vie quotidienne de Mémé. Elle arrive le 5 janvier dans cette maison qu'elle connait bien, où elle a ses repères. Mais petit à petit ma relation avec la responsable de l'établissement se dégrade, elle me dicte comment parler à Mémé, comment je dois me comporter avec elle... Nous lui rendons visite très régulièrement. Les samedis son autre fils va la chercher pour qu'elle passe la journée chez lui, nous, le dimanche. Mais nous remarquons essentiellement que Mémé a de plus en plus de mal à marcher. Ses jambes restent nettement pliées. Debout, pour marcher elle a automatiquement le réflexe de s'assoir. Devant cette "dégradation", les remarques de la directrice, son manque de coopération, je décide de changer d'établissement. Le 28 juin Mémé quitte cette maison. Pour nous aucun mot, aucune question quant à ce départ.
Dans la nouvelle maison de retraite, il y a un parc où l'on promène Mémé, qui a force, retrouve l'habitude de marcher. Mais en août 2008 Mémé a une infection urinaire. Infection qu'elle avait déjà eu chez elle et qui avait été vite enrayée. Devant la persistance de cette infection, l'infimière m'informe d'une éventuelle hospitalisation. Après la visite du médecin, j'appelle pour connaitre sa décision : poursuite du traitement antibiotique. Nous trouvons Mémé fatiguée : normal nous dit l'infirmière c'est à cause de l'infection et du traitement.
Le dimanche 27 septembre avec mon mari, nous allons voir Mémé comme tous les dimanches. Devant son état très affaibli par rapport au mercredi, je demande à l'infirmière de faire venir le médecin. Oui me dit-elle, je vous préviens. Le lundi 28 septembre à 23 H 30 le téléphone sonne. Le temps de me réveiller, descendre dans le salon, il ne sonne plus. J'attends. Rien. J'écoute la messagerie. RIEN. Je vais me recoucher en me rassurant : si c'était pour ils auraient rappeler. Le mercredi en allant rendre visite à sa maman mon beau-frère apprend qu'elle est hospitalisée depuis le lundi à 23 H 30. Il revient nous avertir et nous partons tous les deux avec mon fils voir Mémé à l'hôpital. A notre arrivée, devant notre étonnement l'infirmière nous prévient de l'état de santé de Mémé : elle est arrivée dans le coma, DESHYDRATEE.
Lorsque nous entrons dans sa chambre nous ne pouvons retenir nos larmes. Elle est sous assistance respiratoire. Ses reins refonctionnent grace à une réhydratation importante. Elle ne sortira pas du coma. Nous sommes prévenus de son décès le jeudi 8 octobre à 8 H. Nous avons demandé que le compte rendu soit adressé à notre médecin traitant. Compte rendu qui m'a été remis et mentionnant bien à 2 reprises la deshydratation.
Comment peut-on en France, en 2009, laisser de personnes agées, fragilisées, MOURIR DE SOIF.
J'ai contacté le 3977. L'association ALMA doit me rappeler.
Sur vos conseils de viens de témoigner auprès du Médiateur de la République.
Pour la première maison de retraite j'avais averti les autorités de notre département des lacunes et le Sevice des Personnes Fragilisées ordonne que la responsable remettent son établissement en conformité (sécurtié, rampe d'accès...) et employe du personnel qualifié.
Pour la seconde mes démarches seront plus longues car j'entends bien porter plainte pour non assistance à personne fragilisée ayant entrainé la mort.
Je vous remercie de m'avoir lue,
Bon courage à tous.
chambre, non climatisée, était élevée, alors que ma mère, dans le coma, avait une forte fièvre. On m'avait affirmé la veille qu'il s'agissait d'une intervention tout à fait anodine, sans gravité.
Quand on m'a téléphoné le lendemain, c'était pour me dire de venir d'urgence, suite "à une infection qu'elle avait faite". Je l'ai trouvée inconsciente, seule, tordue dans son lit, les lèvres
desséchées ; elle est décédée deux heures après.
J'ai été confronté moi-même, soit à titre personnel, soit en tant que médecin, à des situations voisines, bien que hors du champ de la pédiatrie.
J'estime que de nombreux services hospitaliers sont porteurs de ce que j'appelle une dérive. L'aspect technico-scientifique de leur activité tend à occulter ce que vous appelez l'aspect humain, et qui pour moi est le sens véritable du mot "soins". Ce terme ne devrait pas s'entendre en dehors de la prise en compte de la personne malade - ou de son entourage proche s'il s'agit d'un enfant - et prendre en compte la personne n'est pas un simple vernis pour mieux faire passer la technique, c'est une dimension essentielle du soin.
Mais il s'avère que cette dimension est de plus en plus absente dans le milieu hospitalier, et ce d'autant plus qu'il est hyperspécialisé. Le constat est celui d'une incapacité à intégrer cette dimension, comme si elle était étrangère à la démarche médicale (elle est d'ailleurs quasiment étrangère à leur formation). Ce faisant, ces médecins luttent probablement et inconsciemment contre leur propre angoisse, et deviennent en apparence au moins des êtres froids, simples vecteurs des protocoles thérapeutiques pré-définis, ineptes à tout véritable dialogue.
Lutter contre cette tendance est et restera longtemps difficile, car elle est inhérente au milieu hospitalier, et ce milieu est largement fermé mentalement sur lui-même.
Mais luttez quand même, et publiquement, car à mon sens c'est la seule façon d'espérer obtenir un jour une amélioration.
Dr.Yves Gervais, ancien médecin généraliste