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Ce texte, ce récit je le dédie à mon fils, mais également à tous ceux qui souffrent du manque de son enfant, d'un proche parti trop tôt.
Après le désespoir vient l'espoir, que ce récit puisse à chacun d'eux leur faire comprendre que certaines choses nous dépassent et que nos Etres-Chers sont tout prés de nous.
Il faut savoir ouvrir son coeur, ouvrir son âme.......

 
 
                      LA SAISON DES SIGNES 
       (Philippe COSTES santeusagers@gmail.com)

                                                                                  

Plus d'un demi-siècle de ma vie vient de s'écouler, en ce mois d'octobre, je suis là assis sur le fauteuil de cuir mauve du salon et mon regard survole tous les objets de cette pièce, et comme à chaque fois mes yeux se fixent sur le portrait de mon fils posé sur le piano, ce piano que nous avions acheté pour parfaire son éducation musicale, ce piano dont les notes ont cessé de raisonner dans la maison.

 

Cet objet musical imposant ne sert plus désormais que de support à cette photo que le temps a figé, je scrute son regard si vivant, je cherche une réponse, je ne reçois que le bleu de ses yeux comme unique vision.

 

Le silence de la maison, plonge tout mon être dans la soumission, je me laisse submerger par tant d'émotion, je cherche une raison pour quitter ce fauteuil et sortir de cette noirceur qui m'envahie mais je ne trouve aucune solution pour m’en donner l’envie.

 

Alors, je reste là, passif, pensif, inactif, je me laisse emporter par les images qui déroulent le film de ma vie et j'attends le moment où l'agitation du quotidien voudra bien reprendre sa place.

 

Je n’ai d’autre choix, que l’attente, la venue d’une silhouette connue pour sortir enfin de ce malaise qui me colle à l’esprit et qui à petit feu me meurtrit.

 

Reprendre pour un certain temps possession de moi et avancer malgré cet émoi qui ne me lâche pas, qui ne me lâche plus.

 

Chasser ces idées, ces mauvaises pensées qui me harcèlent, qui me lacèrent, et que me laissent à terre sans pouvoir rien n’y faire.

 

Je n’ai pas de prise, je ne sais à quoi me raccrocher, si ce n’est à ce portrait que mes yeux ne peuvent quitter.

    

Cette nouvelle journée qui s'annonce, comme toutes les autres, je vais la subir, je n'aurai aucune emprise sur elle, c'est elle qui a la main, je n'ai d'autre possibilité que de courber l'échine et la consommer, en espérant qu'elle passe, qu'elle glisse sur moi sans accrocher mon âme déjà bien malade.

 

Nous voici donc en ces premiers jours d'automne, où le ciel s'assombrit où la grisaille gagne sur le bleu de l'été, les couleurs de la vie vont se vêtir de jaune et rouge, avant que ne tombe sur nous le froid de cette autre saison qui s'annonce et qui se nomme l'hiver. 

 

Il est des saisons qui nous rappellent des faits qui resteront à jamais dans les mémoires de certaines générations, comme il est des mois, des jours qui sont et qui seront éternellement liés à des drames que l'on voudrait ne jamais avoir vécus, chacun en ce bas monde, nous trimbalons des valises trop lourdes à porter.

 

Pour certains ce sont des valises, pour d'autres d'imposantes cantines, qui sont en corrélation avec le poids de la souffrance que nous traînerons toute notre existence sans pouvoir les poser, les abandonner, s'en débarrasser, il nous est impossible de nous en défaire, elles nous accompagnent malgré nous dans tous nos déplacements jusqu'à la fin des temps.

 

Dès le jour de notre naissance, nous sommes destinataires de ces bagages encombrants, nous aurons connaissance de son contenu au fur et à mesure de notre parcours de vie, sans jamais connaître avec exactitude le nombre d'effets que nous a confectionné la destinée.

 

Nous pensons maîtriser un minimum les événements de notre vie, mais nous ne maîtrisons que le superflu, le principal n’est pas de notre ressort, nous n’avons entre les mains que quelques cartes qui malheureusement pour beaucoup ne sont pas des atouts maîtres.

 

Cette existence, qui s'ouvre, qui s’offre à chacun de nous, nous n’en sommes en rien propriétaire, elle peut à tout moment décider de nous déposséder d’un bien-être apparent et nous faire ainsi comprendre que rien n’est acquis et surtout pas la vie.

 

Nous rappeler chaque jour qui passe que la maladie, comme la mort n'a pas d'âge, elle touche le nourrisson, l'enfant, l'adolescent, l'homme mûr, comme la personne âgée, elle est là, elle nous guette, elle nous traque et le moment venu elle nous frappe...

 

Personne n'y échappe, tout le monde la redoute, la rejette, mais elle reste sourde, c'est elle qui décide, quand et comment elle nous enlacera pour un baiser malin annonce d'un possible trépas.

 

Certains auront la chance de le repousser, d'autres ne pourront l'éviter, nous sommes désarmés par la fatalité, la lutte quelques fois ne suffit pas à prendre le dessus sur notre destinée.

 

Chacun en venant au monde connaît la règle du jeu, nous ne sommes pas éternels, du moins sur cette terre, la mort est l'aboutissement de la vie, mais faut-il au moins qu'elle soit un minimum remplie.

 

Nos parcours de vie sont comparables aux multiples bougies d'un chandelier qu'on allume, certaines se consumeront jusqu'au bout d'autres s'éteindront à des stades différents sans en connaître la raison, dés notre arrivée dans ce monde nous sommes déjà condamnés à le quitter pour certains après de longues années pour d'autres juste un passage, un trop court passage.

 

Nous pouvons concevoir que vivre c’est mourir un peu, mais vivre c’est aussi vieillir un tant soit peu et quitter ce monde le visage marqué par les rides du séjour accompli, nous ne pouvons accepter que trop de nos êtres chers partent  le visage lisse de cette vieillesse qui s’est refusée à eux.

 

Quelque soit la matière l'égalité n'existe pas en terme de longitivité, c'est ainsi et personne en ce bas monde ne peut l'expliquer.

 

Pourquoi venir en ce lieu pour uniquement quelques années et ne pouvoir goûter pleinement aux délices qui nous sont proposés?

 

Nous donner envie de croquer toutes les merveilles de la vie et brusquement sans prévenir les faire disparaître à tout jamais.

 

Nous laisser respirer pour un trop court moment seulement les bonnes odeurs de cette terre dont les différentes saisons nous affolent les sens.

 

Ces changements de tons et de lumières ne plus les connaître, ne plus les vivre, ne plus les ressentir, en être privé sans pouvoir donner son consentement.

 

Toute expérience amène un bilan, mais quel bilan léguer lorsque le temps a fauché l’être aimé sans lui laisser cette opportunité ? 

 

Qui n'a pas vécu la disparition d'un proche parti trop tôt et qui marque à tout jamais l'esprit mais également l'âme ?

 

Cette âme qui se cherche un autre chemin que la souffrance perpétuelle, pour avancer, redémarrer, ne pas s'effondrer dans un monde dans lequel nous avons perdu certains repères.

 

Les lumières de la vie se sont éteintes nous plongeant dans l'obscurité, nous marchons désormais au jugé, chancelant, ivres face à tant de cruauté.

 

Nos yeux ne voient plus ce monde avec les couleurs chaudes de la vie, mais uniquement les sombres nuances d'un paysage inconnu, vierge de toute illusion et de sensation.

 

Devant un tel désarroi, notre seul fait d'armes est d'avoir versé tant de larmes, tant de gouttes ont coulé sur nos joues que des sillons ont fini par se creuser, jamais ils ne pourront se combler, ils sont autant de cicatrices que la douleur nous inflige.

 

Notre quotidien portera à tout jamais les stigmates de cette blessure qui ne pourra malgré le temps s’effacer, nous n'avons d'autre choix que panser éternellement cette plaie.

 

La mort a frappé à notre porte et s'est nichée non seulement dans notre antre, mais également dans notre être, nous la portons en nous chaque jour davantage, elle se mue, se propage et nous emporte dans un tourbillon d'images, de souvenirs et qui ne sont à nos yeux aujourd'hui que mirages.

 

Ces mirages sur lesquels nous nous accrochons malgré tout, évitant ainsi le naufrage.

 

Le bonheur des autres quelques fois nous dérange, nous met mal à l'aise, une forme de culpabilité s'installe car pour nous il n'y aura plus de véritable « bonheur », ce terme nous paraît d'ailleurs une insulte, nous ne nous pouvons imaginer ressentir du bonheur, nous n'en avons plus le droit...

 

Cet onctueux sentiment, quelqu'un en haut lieu a décidé de nous le retirer, en échange c'est souffrance qui nous est imposé.

 

De toutes les émotions qui étaient nôtres auparavant et qui nous apportaient tant d’ivresse, il n’en reste plus qu’une maintenant et qui ce nomme tristesse.

 

Nos éclats de rire d'autrefois, se sont transformés en des sanglots dans la voix, comment vivre avec ce terrible aveu, celui d'avoir perdu un être d'amour, un être valeureux.

 

Heureux, merveilleux, et tant d'autres qualificatifs que nous n'osons plus prononcer, tout comme : « Mourir de rire », « Elle n’est pas belle la vie ? », ces expressions familières, qui nous font mal  car pour nous à présent c'est : «  Mourir de chagrin » et « Elle n'est plus belle la vie ». 

 

Combien de fois nous arrive t-il de chercher une route, une piste, pour ne pas nous isoler, nous fermer à toute cette agitation stérile que nous percevons et qui nous navre ?

 

Et pourtant chacun de nous avance, à son rythme, dans ce monde qui ne ressemble plus à ce que nous avons connu avant, avant le drame, avant que tout notre être ne bascule dans une autre dimension celle que nous qualifions de «  Survivance ».

 

La société est ainsi faite qu'aujourd'hui, plus qu'hier, les faibles, les traumatisés de la vie doivent  avancer, ne pas se retourner, faire en sorte que l'autre ne se doute de la plaie béante qui est la sienne, non la société actuelle ne peut supporter la souffrance des autres de peur qu'elle ne rejaillisse sur elle.

 

Alors certains d'entre nous, ensevelissent au fond d'eux même ce qu'ils veulent oublier, mais rien n'est définitivement enfoui, à tout moment, des faits, des images, des mots font se réveiller ces traumatismes et il faut chaque fois repartir, refaire le chemin de l'oubli et c'est un nouveau chemin de croix qui se présente.

 

Faire semblant, toujours semblant, être vivant, montrer aux autres que l'on est comme eux, que la vie vaut d'être vécue,  tout simplement paraître, mais paraître ce n'est pas être, ne pas être soi-même c'est renvoyer une image qui n'est pas la nôtre, jouer un rôle, mais pour combien de temps encore ?

 

D'autres, ne veulent et ne peuvent oublier et n'ont d'autre possibilité que de trouver le moyen de continuer la route tracée avec dans l'âme et dans le cœur les souvenirs merveilleux d'un passé trop présent, vivre dans le souvenir de tous ces instants.

 

Difficile de dire qui a raison. Chaque drame est personnel, chaque souffrance est unique c'est ce que l'on se dit et pourtant il est des rencontres lumineuses qui font comprendre que non.

 

Nous pouvons partager nos expériences douloureuses, nous pouvons en parler faut-il seulement trouver la ou les bonnes personnes pour cela, mais faut-il le vouloir également.

 

Car la première réaction est de refuser cette réalité macabre, et chacun revêtit alors, le manteau de la douleur, ce manteau qui se fait toujours plus lourd à porter, mais que nous avons du mal à quitter, il s'est transformé en une seconde peau.

 

Ce manteau est devenu une protection, une carapace qui nous protège de l'autre, celui que l'on croit différent, cette vision du monde qui s'agite et dans lequel on ne se reconnaît plus fait que trop souvent on se cache, on rejette tout ce qui peut nous faire du bien.

 

Le regard de l'autre on le fuit, on change de trottoir, on se fait tout petit pour ne pas se faire remarquer afin que personne ne perçoive notre condition.

 

La foule nous fait peur, car de nos comparses d'hier nous ne percevons qu'agressivité et menace, on perd peu à peu la notion du monde d'avant, le monde dans lequel nous étions si présents, aujourd'hui on s'efface, on ne peut faire face.

 

Qu'elle issue avons-nous ? Nous ne pouvons éternellement vivre en marge, il nous faut regagner l'autre rivage et nous fondre dans la masse avec notre différence comme unique bagage.

 

Alors, une fois revenu sur le trottoir d’en face, il nous faut marcher discrètement, suivre le mouvement, se mouvoir sans attirer l’attention, faire en sorte que celui que l’on croise ne nous juge, ne nous toise.

 

Notre malheureuse expérience, nous ne pouvons la partager avec l’autre, celui que l’on pense incapable de nous entendre, de nous comprendre.

 

On pense l'autre, différent, mais est-il si différent ? Plutôt que de l'examiner superficiellement, il suffit de prendre connaissance de la profondeur de son regard, pour s'apercevoir que lui aussi cache une souffrance.

 

Cette souffrance qui peut-être matérielle, existentielle, différente de la nôtre certes, mais une souffrance tout de même, chaque souffrance est fonction de son contexte, elle correspond à une marche sur l'échelle du malheur, nous nous situons tout en haut, mais eux ne se trouvent que quelques marches plus bas.

 

Quelques fois, on se dit qu'on aimerait bien échanger le fardeau que l'on porte et pouvoir descendre quelques marches, mais cela n'est pas possible, nous ne pouvons agir, nous ne pouvons que subir, c'est notre triste réalité, car jamais nous ne pourrons faire marche arrière.

 

Nous avons maintes fois rêvé de saisir l'horloge du temps et faire en sorte que les aiguilles rebroussent chemin afin de revenir aux bons temps d'avant, avant que ne s'empare de nous le chagrin.

 

Revenir sur nos pas, nous ne le pouvons pas, le temps n'a pas de marche arrière, il nous pousse en avant malgré nous, impossible d'y échapper, il ne fait aucun sentiment, aucune concession, il avance nous traînant avec lui inexorablement.

 

Personne, n'est à l'abri d'incidents de la vie, mais chacun avance seul, sans se préoccuper de l'autre, alors que nous vivons la même chose.

 

Regardons autour de nous, tous ces gens qui sont adulés, admirés, enviés, tous ces « people » que l'on croit à l'abri de tout, et bien non, eux aussi, comme nous vivent des drames, combien se sont livrés ? Combien ne disent rien ?

 

Mais, bizarrement eux reçoivent tant de soutien, tant de réconfort dès qu'ils sont touchés par un drame, alors que le voisin, l'inconnu qui passe, lui, on ne cherche pas à connaître son mal, il n'a aucune importance, aucune valeur pour ses frères.

 

La notoriété, est la seule reconnaissance aux yeux d'un nombre non négligeable de nos concitoyens, que l'on nomme aussi terriens.

 

Notre société ne reconnaît que celui qui bénéficie d’une image médiatique, tant de nos compatriotes sont suspendus au moindre fait et geste de ceux qu’ils considèrent comme des dieux vivants au détriment quelques fois de leur propre environnement.  

 

Lorsqu'un anonyme se lance dans une action pour dénoncer des situations qui ne devraient exister, il se retrouve souvent seul, terriblement seul, l’anonyme ne pèse rien, ne représente rien et pourtant nombre d’entres eux font des choses grandioses au quotidien pour son prochain, mais personne n’en parle contrairement à ceux qui sont sous les lumières des projecteurs.

 

En effet, dés qu'une icône, prend le parti de défendre une position, ils sont des milliers, voire des millions, à se ranger à ses côtés sans toujours comprendre tous les enjeux, mais qu’importe ils veulent jouer le jeu et ainsi se rapprocher de celui qui représente beaucoup à leurs yeux.

 

Bon nombre d’entres eux, dépassent souvent le cadre d’une simple admiration, rien n’est plus important que l’identification, pour cela ils n’hésitent pas à travestir leur apparence mais également leur esprit.

 

L'aveuglement peut aller très loin, jusqu'à vouloir éliminer son prochain, celui qui dans les gradins de l'arène des dieux du ballon rond, porte une autre couleur de maillot et lui fait cet affront.

 

Et combien, dans notre quotidien, de doigts tendus, de propos mal venus, de drames noircissent les pages de la presse, ces actes que cette dernière nomme « faits divers » et dont chaque saison est porteuse.

 

Notre évolution d'être humain, nous entraîne vers des jours sans lendemain, l'homme est devenu le principal prédateur pour l'homme, il n'a d'autre but que de protéger son clan, contre celui qu'il pense un intrus.

 

Nul ne cherche à  comprendre son prochain, à mieux le connaître, simplement échanger, communiquer et faire en sorte de retrouver le sens de la vie en communauté.

 

Nous vivons au quotidien dans la différence, dans l'indifférence mais ce n'est pas notre chemin.

 

Chacun doit mener sa vie, sans compter sur l'autre et croiser les doigts pour qu'elle soit la moins tragique possible, naviguer au mieux sur les eaux troubles de l'existence humaine.

 

Cette vie qui se résume à courir après ce sésame à qui nous donnons tant de sobriquets ; pognon, fric, oseille...

 

Démunis, nous ne sommes pas grand chose, car sans lui point de nourriture, pas de toit, aucune  reconnaissance, aucune existence possible dans notre civilisation.

 

Cette monnaie d’échange nous est indispensable, nous ne pouvons envisager d’en être privé pour un minimum exister, nous n'avons alors de cesse par le travail de ramasser le maximum de richesse, pour simplement vivre et ainsi faire que nos proches soient à l'abri de manquer.

 

Cet argent que nous pensons nécessaire à notre survie, n’exonère pas nos proches et nous-même de la tragédie.

 

Ainsi, nous oublions trop souvent, que la destiné guette, elle attend sournoisement son heure et sans prévenir, lâchement nous meurtrit pour le restant de notre vie.

 

A cet instant seulement on prend conscience que nous sommes vulnérables, que cet argent que nous vénérons tant, n'est qu'illusion de notre pouvoir et que ne nous sommes pas maître de notre destin.

 

Ce destin malin comme certaines maladies, nous emporte alors dans un chaos sans lendemain, lorsqu'un proche nous laisse un espace vide, trop vide...

 

Jamais on ne prend assez de temps pour s’occuper des siens, on pense tout acquis, mais rien n’est acquis, les événements se chargent de remettre les pendules à l’heure pour notre plus grand malheur.

 

Ce temps béni qui est désormais derrière nous, que l’on savourait dans la joie, n’est plus que l’ombre de nos rires et de nos délires, maintenant ce qui est devant nous c’est tout autre chose et qui est bien morose.

 

Alors chacun de nous rumine ce temps passé à courir après cet or, au détriment de notre entourage cet unique trésor.

 

Trésor perdu à tout jamais que personne ne nous rapportera, les regrets prennent alors place mais en vain, nous ne pourrons rien, sinon subir jusqu'au moment tant attendu où celui que nous avons perdu nous prendra la main pour nous montrer le chemin.

 

Mais en attendant nous nous devons de vivre encore en ce monde, à la recherche d'un environnement propice à nous aider.

 

Pas facile car notre société, nous fait cheminer vers l'individualisme, quel dommage, alors que nous avons tant à partager, tant à donner, tant à recevoir pour simplement rebondir, faire en sorte que nos expériences ne soient que des maux, mais se transforment en autre chose, tendre la main pour s'entraider.

 

Confronté moi aussi  à ce que je n'aurais imaginé un jour vivre ; l'envol de mon enfant au printemps de sa vie, la maladie a eu le dessus, la mort a drapé son visage d'un voile noir que je ne pourrai malheureusement jamais retirer.

 

Ce 21 décembre 2004, premier jour de l'hiver, un ange de 16 ans a déployé ses ailes et s'est envolé pour un nouveau monde,  plongeant  tout mon être dans les abîmes de la condition humaine.

 

Comme tous, j'ai refusé cette réalité et chaque soir, pendant 3 mois durant, je me garais devant son lycée, dans l'attente de sa sortie, j'attendais là qu'il me fasse signe, lui ouvrir la portière et regagner la maison, sa maison.

 

Mais chaque fois la même désillusion, je cherchais parmi toute cette jeunesse sa silhouette en vain, alors une fois l'agitation passée, une fois la grille refermée, les yeux noyés de larmes je me décidais à rentrer, l'âme lourde, l'envie de crier, d'hurler son absence.

 

Combien de fois ai-je fais à pied le chemin qui sépare la maison de son lycée ? Mettre mes pas sur ses traces, l'imaginer cartable sur le dos marcher sur ce trottoir retrouver ses camarades, ses professeurs, retrouver tout simplement la vie qui ne devrait jamais quitter cette jeunesse, cette innocence...

 

Combien de fois me suis-je assis sur ce lit qui ne sera plus froissé de sa présence ? Passer en revu tous les objets qui étaient siens, les caresser, les humer, les serrer contre mon cœur et n’attendre qu’une chose ; qu’il pousse cette porte pour mon plus grand bonheur.

 

Il m'a fallu un certain temps pour prendre conscience qu'il ne reviendrait pas, qu'il ne reviendrait plus.

 

Alors j'ai plongé dans le passé, je me suis isolé, enfermé dans mon esprit, attendant que celui-ci déroule l'écran géant pour projeter le film de ces seize années, ce film à présent classé dans les archives du temps qui s'est écoulé.

 

Ces moments privilégiés où le temps suspend la douleur, où je reviens en arrière et me laisse guider par cette curieuse sensation d'être ailleurs, de vivre pleinement ce qui n'est plus.

 

Ce qui n'est plus et qui était le meilleur, je deviens acteur un cours instant, je profite enfin de ces purs moments de bonheur, dont je n'avais pleinement conscience auparavant.

 

Ces instants qui ne durent malheureusement, la réalité revient au galop, et martèlent mon cœur à grand coup de marteau, la séance est terminée, je dois reprendre possession du temps présent, et enfiler le manteau de la souffrance avant de me fondre dans cette foule exubérante.

 

Tous ces moments magiques que nous avons passés et qui refont surfaces, jamais je ne voudrais qu’ils s’effacent.

 

Les garder en mémoire jusqu’à mon dernier souffle, ils sont devenus un testament dont quotidiennement je relis chaque page, chaque ligne, les conserver intacts afin de ne jamais oublier qu’un ange est passé.       

 

L’existence m'a infligé la peine capitale, je suis prisonnier de ces images qui me sont nécessaires pour un temps m'évader, écarter les barreaux de cette meurtrière et faire entrer un peu de lumière dans mon esprit devenu un cachot.

 

Dessiner sur le mur de la douleur, les croix des jours qui passent, sans connaître le nombre de lever et de coucher de soleil qu'il reste avant la délivrance.

 

Mais qu'importe le nombre de croix, car celle que je porte en moi devient chaque jour plus lourde, plus difficile à déplacer, je stagne, je ne peux m'en défaire, elle est ancrée en moi pour l'éternité.

 

Le temps qui n’est plus ne se rattrape pas, malgré notre volonté de vouloir revenir sur nos pas.

 

Je suis désormais condamné tant que la vie coulera dans mes veines, à venir me recueillir pour ses anniversaires devant cette pierre froide et déposer des fleurs arrachées à la terre, pour mon ange qui repose sous terre.

 

Je suis condamné à vivre ces périodes de Noël que je redoute tant, beaucoup célèbreront dans la joie la naissance de l'enfant Jésus Christ, moi je pleurerai le trépas de mon fils.

 

Je suis condamné à vivre avec ce manque, cette absence qui pèse sur mon quotidien, seize années de vie parties en fumée et combien d'autres années restent-ils à souffrir ? 

 

J'ai, de ce fait rejoint la cohorte de toutes ces âmes qui peinent sur ces chemins cabossés de la vie, ce que certains appellent l'avenir et que je n'ose imaginer car quelles sont ces choses « à venir » que me réserve encore cette existence ?

 

Le chaos a pris le dessus, comment imaginer le futur avec cette terrible blessure ? Tout devient alors insurmontable, on se laisse vivre, on part à la dérive et rien n'est pire que de s'entendre respirer alors que son enfant a expiré.

 

Notre ange nous a apporté tant de joie, tant d’amour, avant de nous laisser là, seuls, sur cette route avec nos états d’âmes qui gisent désormais sur ce noir macadam, nous n’avons ni carte, ni boussole, nous avançons droit devant, sans précision sur notre destination finale.

 

La culpabilité nous étouffe, nous nous sentons responsable de son départ, nous nous sentons coupable d'avoir perdu la bataille pour la vie.

 

Les reproches fusent, avons-nous fait tout ce qui fallait ? Cette question qui martèle notre cerveau jour après jour et qui nous plonge dans le remord.

 

Remord éternel d'une âme débarquée dans un monde dont elle ne maîtrisait rien et qui s'est envolée, nous laissant avec son souvenir comme unique rappel des belles années passées.

 

Ce passé qui nous paraît  irréel au fur et à mesure que les années s'écoulent, avons-nous vécu ces moments merveilleux que les photographies ont immortalisés ? 

 

Viennent alors ces questions essentielles « Pourquoi mon ange ? Pourquoi un innocent ? Comment vivre cet après ? Comment vivre tout court ? Qui autour de moi peut m'aider ? »

 

Qui ne s'est adressé à ce Dieu qui nous a enlevé une partie de notre chair ?

 

Qui ne l'a pas renié, tant la colère, la douleur, est incommensurable ?

 

Si Dieu est amour, si Dieu ne veut que le bonheur de l'homme, pourquoi tant de souffrance ?

 

Que sommes-nous venus faire sur cette terre ?

 

Pourquoi donner la vie à un enfant, à son enfant et subitement nous l’enlever à tout jamais ?

 

Tant de questions, qui sont autant de coup de poignard qui nous frappe en plein cœur, nous cherchons des réponses qui ne viennent pas, nos questions résonnent et nous ne percevons que l'écho du tumulte qui nous entoure et rien d'autre.

 

Deux catégories alors s'opposent, ceux qui ne pourront jamais plus parler d'un Dieu d'amour et font fît de la religion en général, et ceux qui se raccrochent à ce Dieu qui a pris sous son aile cet être cher devenu une âme de lumière.

 

Personnellement j'ai connu les deux situations, dans un premier temps, j'ai refusé ce départ, j'ai même insulté cet être créateur et puis comme beaucoup j'ai eu ces moments de repli sur soi, où chacun fait le point, essaie de prendre du recul pour comprendre, du moins essayer de comprendre et trouver une voie pour continuer cette vie.

 

Je ne pouvais supporter cette nouvelle condition, il me fallait trouver une solution, cette existence qui maintenant était mienne je devais y faire face ou alors continuer à m'enfoncer d’avantage au risque de ne plus avoir ma place près de ceux qui sont autour de moi et qui souffrent tant.

  

Laisser ma place, et faire encore souffrir sa mère et sa sœur ? Ce n'est pas ce qu'aurait souhaité mon fils, lui ne voulait que notre bonheur, que notre union résiste à toutes les épreuves.

 

Alors j'ai fait le choix de m'adresser tous les jours à mon fils, par des prières, des prières pour lui, des prières d'amour, dans l'espoir qu'il puisse exister une vie après la vie et que notre passage sur terre ne soit qu’une étape, quelle étape ? A ce jour je n'en sais rien ...

 

Mais qu'importe, le fait de m'adresser à lui par les prières m'apporte chaque fois une certaine sérénité et pourtant je ne suis pas un catholique pratiquant, nul besoin pour moi de rentrer dans une église, non, je m'adresse à lui tous les matins dans la voiture, comme d'autres écoutent la radio, moi j'adresse des messages d'amour à mon fils.

 

Ces prières me sont devenues indispensables, ces moments particuliers où je fais corps, où je fais cœur avec lui, j’ai besoin de lui parler, de me confier à lui, de le faire participer à mon existence et ainsi braver le mauvais temps qui souvent envahi mon séant.

 

Car le quotidien prend le dessus, les heures, les jours passent et le manque se fait plus criant, le téléphone ne sonne plus avec la même fréquence qu'avant et pourtant le numéro n'a pas changé.

 

Nos relations s'éclaircissent, notre carnet d'adresse hier si rempli, aujourd'hui se rature, des noms, des numéros de téléphones s'effacent, les amis qui peuplaient nos soirées d'avant se sont retirés sur la pointe des pieds.

 

Les visites de ses copains d'antan, se font également très rares, trop rares, ils n’osent revenir dans ce lieu où leurs éclats de rire étaient si nombreux.

 

Il nous faut maintenant survivre dans un espace devenu plus grand, trop grand pour nous, ces amitiés disparues ne font qu'accroître notre mal-être, nous ne sommes plus dignes de partager leur quotidien, pourquoi ?

 

La mort d'un être cher n'est pas une contagion, c'est une punition pour ceux qui la vivent, alors nul besoin de nous fuir mais plutôt nous aimer, nous aimer d'avantage, car nous avons besoin de plus d'amour.

 

Nos prénoms sont inscrits à l’encre indélébile sur la longue liste de toutes ces mamans et de tous ces papas qui comme nous  vivent au jour le jour le cœur brisé, la tête pleine d’images, de toutes ces pensées qui font pleurer nos cœurs de parents à qui manquent son enfant.

 

Ce manque de toi mon fils nous est chaque jour plus difficile à supporter, chaque recoin de la maison, chaque moment de notre vie ravive ton absence, comme cette chaise vide à la table des repas, cette place désespérément inoccupée que mes yeux scrutent dans  le rétroviseur de la voiture lors de nos déplacements.

 

Ta chambre, dont la porte ne s’ouvre plus avec la même fréquence qu’avant, ta voix et ton merveilleux rire qui ne résonnent plus, que nous ne percevons plus, sinon par la magie des films vidéo,  nous manquent terriblement, nous manquent obsessionnellement.

 

Vivre dans le passé, c’est ce que nous impose désormais le présent, feuilleter l’album d’un temps révolu, tout n’est désormais plus que souvenir, nostalgie de ces années bénies qui nous font aujourd’hui tant souffrir.

 

La vie est ainsi, elle nous fait et nous défait, c’est parfois le beau temps qui envahie notre être et bien souvent la tempête qui sème la destruction au plus profond de soi dont les dégâts se chiffrent en années de souffrance, aucune assurance ne peut venir en aide à ceux qui se nomment désormais « désenfantés ».

 

La disparition d’un enfant, c’est tel un tsunami que personne n’avait prévu, n’y même pu  imaginer, envisager, qui laisse dans le néant ceux qui après son passage restent là, figés sur le rivage, le regard dans les vagues, anéantis par la violence et la traitrise d’un désastre imprévisible.  

 

Nous sommes devenus des survivants, nous marchons sur les décombres de notre passé qu’il nous est impossible de quitter, ce monde merveilleux qui n’est plus et qui ne sera plus.  

  

Il fallait pourtant que l’on trouve le moyen de revenir dans ce monde qui est le nôtre à présent et ce n'est qu'ensemble avec sa mère et sa sœur que nous pourrions faire ce difficile chemin, faire en sorte de nous sortir du fossé dans lequel nous étions afin de regagner la route, le sentier de l'existence, ce parcours du combattant qui nous attend et que nous redoutons tant.

 

Nous y parvenons, non sans traverser des moments de tristesse que des dates nous rappellent à notre mémoire, nous avons fait le choix de vivre pour sa sœur mais également pour lui, le faire vivre chaque jour qui passe.

 

Une présence invisible à nos yeux, mais une présence si forte dans nos cœurs, car avec sa mère nous parlons de lui chaque fois que nous en avons envie, ne pas nier l'évidence de son absence, parler, se souvenir, le faire vivre au travers de ces moments d'intimité puisque personne dans notre entourage n'ose prononcer son prénom et pourtant il porte un si joli prénom : « Jérôme »

 

De parler de notre ange nous fait du bien, nous aide malgré tout, nous ne pouvons concevoir que sa disparition soit une fin en soi, c’est un début d’autre chose qu’il nous faut désormais accepter, même si cela est difficilement acceptable ; quel autre choix avons-nous ?

 

Si nous voulons encore exister et faire en sorte d’accompagner sa sœur vers un avenir meilleur nous n’avons d’autre solution que d’aller vers l’avant, en nous accordant quelques fois la possibilité de jeter un regard dans le rétroviseur du temps.

 

Car nous ne pourrons jamais oublier, il nous faut vivre avec, impossible de faire une croix, malgré le temps, sur notre vie d’avant, jamais faire le deuil ne nous sera possible.

 

Faire le deuil nous ne le pouvons pas, personne ne peut faire le deuil de son enfant, il nous faut, non pas reconstruire, comme certains nous le proposent, car cela revient à détruire, à faire abstraction de nos sentiments, de nos émotions pour édifier autre chose sur les fouilles du passé.

 

Nous ne pouvons détruire les fondations de notre existence pour reconstruire une autre vie, cela n’est pas possible, cela n’est pas la solution, je refuse personnellement cette notion qui consiste à la reconstruction.

 

Non, il nous faut plutôt redémarrer, après ce coup d’arrêt, entrevoir notre vie autrement avec notre vécu qui fait partie de nous pour toujours, cheminer différemment à présent avec l’expérience et les épreuves que la vie nous a infligé.

 

Le temps apprivoise la douleur, le manque, mais ne l’efface pas et ne l’effacera jamais, car dans la mémoire du cœur il n’existe pas de fonction prévue pour cela.

 

Personne ne peut, même après des années d’analyse, enrayer cette douloureuse expérience, elle est parfois cachée mais reste enracinée dans notre conscience dont elle a pris une place

prépondérante.             

 

Il ne faut pas vouloir oublier, il faut avancer avec des sentiments, des émotions qui sont maintenant décuplées, qui nous portent, qui nous poussent, qui nous entraînent à consommer le temps présent sans oublier le temps qui s’est écoulé.

 

Ce temps écoulé que nous partageons avec certains amis qui sont restés fidèles notamment Isabelle et Pierre une fois par mois en présence des trois garçons, Arnaud, Thibaut et Anthony, nous passons un moment ensemble et cela nous fait du bien de nous retrouver, nul besoin d'évoquer ton absence mon fils tant elle plane sur nous tous.

 

Je sais leur souffrance, le manque de toi, le chagrin de ne pouvoir évoquer tous ces instants merveilleux que nous avons passés tous ensemble, sans conjuguer au passé ta présence.

 

Ils savent que cette amitié qui nous unis depuis maintenant 22 ans, s'est transformée en autre chose de plus fort, d'immense et dont toi mon fils tu es le liant.

 

Je ressens aussi la tristesse d'Arnaud ton copain de toujours, ton absence le pèse, il a tant partagé de choses avec toi. Cette complicité qui était vôtre, vous n'aviez nul besoin de communiquer pour vous comprendre, vous apprécier, vous étiez tout simplement en osmose.

 

Je prendrai pour exemple, ce fragment de vie que ma mémoire me renvoie, celui où appliqué à dessiner au fusain le portrait du cycliste italien Yvan BASSO, Arnaud à tes côtés ne disait mot et simplement, tout simplement vivait avec toi cet instant.

 

Ce portrait, avec ta mère nous avons décidé de lui offrir pour ses vingt ans, par ce geste, c'est un peu de toi qu'on lui donne et nous sommes persuadés que tu le souhaites également.

 

Je suis certain, qu'il sera heureux et fier de recevoir ce présent comme souvenir du passé.

 

Voilà, la condition qui était mienne pendant plus d'un an, avant que le cheminement que j'ai entrepris ne me fasse percevoir les choses sur un tout autre plan.

 

Sans m'en rendre compte véritablement, sur bien des sujets, mes opinions fermement acquises étaient en cours de changement, moins de spontanéité, plus de réflexion, plus d'analyse, plus de compréhension...

 

Un chamboulement des sens sur la perception des gens et des situations en contradiction totale avec ma personnalité d'avant.

 

Difficile de l'expliquer, car ce sentiment s'est petit à petit diffusé en moi par la sensation étrange que je n'étais plus moi, plus seulement moi...

 

Et depuis peu, j'ai pris conscience que la personnalité de mon fils avait une influence sur moi, car, comme j'aime à le dire à présent, j'ai l'impression d'être deux dans ce corps qui est  mien, je partage tout avec mon fils et il me le rend bien.

 

Oui, il me le rend bien, j'ai maintenant l'intime conviction que nos êtres chers sont autour de nous, faut-il seulement l'entendre, le sentir, plus simplement vouloir l'admettre, ouvrir non seulement son cœur mais également son âme.

 

Avant d'expliquer ma position, je voudrais préciser que suite aux conditions de son départ, j'ai eu le besoin de me tourner vers l'autre, celui qui aujourd'hui se croit à l'abri de vivre des moments terrifiants que malheureusement il peut être amené à vivre.

 

J'aurais pu me replier sur moi et faire que chacun prenne sa destinée en main, mais je n'ai pu faire ce choix, certainement d'ailleurs guidé par mon fils qui avait horreur de l'injustice, alors j'ai entrepris un combat pour plus de protection pour les enfants malades.

 

Ce combat est au centre de ma relation avec mon fils, car quelques mois avant de nous quitter, il nous a laissé un récit qu'il a intitulé « Le Printemps Blanc » dont le texte d'une profondeur spirituelle nous a surpris, nous ne lui connaissions pas cette profondeur d'âme.

 

Cet écrit, qu’il nous a laissé comme testament, dans lequel il décrit sa nouvelle existence sur une autre planète parmi des êtres immortels, et où il porte un jugement terrible sur celui qui habitait la terre.

 

Ce texte qui relate notamment l’amour d’un fils pour son père et la peur de voir celui-ci un jour disparaître malgré son appartenance à ceux que la mort ne peut atteindre.

 

Ses éternelles interrogations sur la mort et sa cruelle vision d’une existence dépourvue de celui qu’il chéri tant, et dont il ne peut concevoir l’absence.

 

As-tu mon fils, par ses lignes voulu transposer ce que serait mon ressenti, mon existence désormais après ton départ ?

 

Après maintes lectures, je l’interprète comme un message de ce que tu éprouvais au moment où tu as écrit ces mots, cette mort tu devais la sentir s’approcher, rôder autour de toi et tu l’as retranscrite dans ce texte, je prends la mesure du cheminement que tu avais accompli, tu avais pris conscience que le rideau aller tomber sur toi mais également sur nous.

 

Je l’imagine maintenant dans ce monde où la mort n’existe pas et dont seul l’amour est porteur de vie éternelle.   

     

J'ai longtemps cherché une correspondance entre son texte et le titre, je n'en ai jamais trouvé, sauf à comprendre que le blanc est aussi synonyme d’absence, de manque, et c'est bien plus tard que j'ai compris que ce titre était un lien entre lui et moi, plutôt entre lui et ce combat qui est devenu le mien.

 

Alors moi aussi je me suis lancé dans l’écriture, j’ai eu l’irrésistible besoin de noircir des pages qui relatent de sa naissance à son départ les grandes étapes de sa courte vie et bien sûr évoquer ses années de combat contre la maladie, une biographie qui porte le titre de son récit. 

 

Ces nombreuses pages concernant la maladie et qui sont devenues le support de la lutte que je mène, que nous menons avec sa mère et pour lequel j'en suis convaincu notre ange nous apporte son aide.

 

L'écriture m'a permis d'entreprendre également une forme de thérapie, j'ai pu coucher sur chaque ligne ce que je n'ai pu lui dire avant qu'il nous quitte, faire glisser la pointe du stylo sur le papier glacé et ainsi conjuguer le verbe « AIMER » à toutes les saisons.

 

Pendant toute cette période d'écriture, j'étais avec lui, nous étions au travers du récit tous réunis autour de notre ange, une curieuse impression de sérénité, alors que quelques mois plus tôt je n'étais qu'une épave.

 

Si je peux me permettre un conseil à tous ceux qui vivent ces moments de désespoir, de tristesse, de souffrance, du manque d'une partie de soi ; écrivez-lui, parlez-lui, faites qu'il ou elle continue de vivre à vos côtés, les faire grandir, c'est selon moi, le plus beau message d'amour que l'on puisse adresser à son enfant.

 

Ne jamais lui parler au passé, composer plutôt le futur, imaginer son avenir, le faire évoluer, le faire exister autrement sans que l’on puisse le toucher, le rendre présent.

 

Par cela, nous ne refusons pas la réalité mais l'appréhendons autrement, car rien n'est pire que d'empiler, d'enfouir ses émotions au fond de son mal-être et qui finiront tôt ou tard par nous détruire.

 

J'ai donc décidé de ne jamais couper la communication avec mon fils, je partage au quotidien mes émotions, mes commentaires sur la vie qui s'écoule et sur l'actualité de ce monde et bien sûr je lui demande qu'il m'accompagne dans l'aide aux enfants atteints du mal qui l'a emporté, et sur ce dernier point il est des faits surprenants.

 

Pour lire la suite, cliquez sur la Saison des Signes 2 dans la rubrique "Pages"

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