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                  Texte originel "Le Printemps Blanc" Jérôme COSTES
                                   (Récit non retouché) 

Les plaines de Verdande, les vastes territoires vierges, violés par la seule mais lourde présence d’Ivana, la ville des Immortels, étaient sur le point de s’élever des Ténèbres de la nuit et d’accueillir l’aube arrivant.

Depuis que l’ombre régnait, que l’œil malveillant de la Lune espionnait tous les êtres vivants qui dans leur sommeil attendaient le lever du jour, seul l’espoir de la Flamme de Renald, le phare spirituel de la ville résistait aux harcèlements incessants de son adversaire.

Or, une lumière au loin vacilla tel un mirage et peu à peu se définit sous les traits d’un bataillon lumineux ô combien encore débile face à son ennemi.

Mais ces valeureux soldats, l’épée de feu à la main entamèrent leur chant de guerre empli d’espoir et de liberté.

En face, l’ennemi se rassemblait malgré le peu d’intérêt qu’il portait à leur adversaire. Les plaines noires et les grands gratte-ciel sombres d’Ivana subissaient toujours le chaos qu’engendrait l’Ombre, et la Lumière, mère de la Justice et de la Liberté, se nourrit de l’envie de tous les êtres à retrouver ces valeurs. La rage montait dans les deux camps et l’attaque fut imminente.

Pourvu que la Lumière remporte cette bataille. Il le faut, il s’agit de l’avenir de tout un monde qui est en jeu et la moindre erreur stratégique sera fatale à l’équilibre de la nature et cela, les fantassins lumineux le savent bien.

Enfin, les Libérateurs lancèrent l’assaut, prirent l’Occupant en traître et commencèrent une course poursuite sur les plaines. Les soldats du Bien écrasèrent le Mal chaque seconde passante et l’arrivée majestueuse du Grand Chef, éblouissant de bonté et d’amour, renforça le moral des troupes en arrosant de son bonheur les fleurs des plaines qui s’ouvrirent au contact de cette douceur bénite.

Sa chaleur inonda le fleuve Quiper, l’un des quinze principaux axes fluviaux naissant sur Gherez-Sani, la montagne sainte mère des eaux abritant Mali-Sani, la capitale des Gérontes, les prêtres des éléments, gouvernée par Sa Sainteté la Dolorès.

Ce fleuve même, transmit le don reçu en le déversant dans Ivana par la voie des canaux, seules routes existantes dans cette ville.

La Lumière commença enfin à prendre Ivana et l’Ombre quant à elle, se cachant lâchement derrière les bâtiments, savait bien qu’elle finirait par être dévorée par son adversaire. Elle fut sauvée un instant par un nuage complice, lequel attaquant de plein fouet l’Astre du Jour, entraîna l’armée sainte à battre en retraite. Ce ne fut qu’une courte interruption et lorsque l’impudent s’enfuit, les lances solaires se redressèrent en direction de la ville. Le siège ne fut pas ardu, les défenses maléfiques tombèrent tel un château de cartes et la conquête d’Ivana fut enfin chose faite.

La Lune, outrée par l’affront et l’humiliation de cette défaite, défia le Soleil victorieux et orgueilleux.

Du haut de leur char céleste, ils livrèrent un combat titanesque et s’étant mutuellement désarçonnés de leur monture, continuèrent dans un duel acharné. Mais le Soleil, plus vigoureux par ses espoirs, ses convictions, ses rêves de monde meilleur et de joie désarma la Lune perverse et voyeuse et décocha, de son arc magique, une flèche à la chaleur des brasiers de l’Enfer et à l’étincelante lumière des cieux du Paradis sur l’œil maudit de l’Astre de la Nuit. Ainsi aveuglée, elle se rendit malgré sa fureur et sa haine, déposant devant son ennemi Son épée et Sa cotte.

La Nuit sut à cet instant qu’elle ne pouvait plus gagner mais lança sa dernière offensive, une attaque désespérée, commandée par le terrible vent froid nocturne, celui qui, comme le hurlement du loup, fait trembler jusqu’aux os sa victime, celui qui, comme le sanguinaire assassin, contraint les êtres vivants à se cacher, celui qui, comme les cris sourds de l’horreur, brise le dur mais si confortable silence qu’impose le repos profond et cadavérique de la Nuit.

C’est son gêneur mais néanmoins allié, celui qui retarderait la défaite car la défaite de la Nuit se symbolise par la reprise sur le monde de la vie après un long sommeil. Le vent souffla son air froid et violent sur les murs et les fenêtres d’Ivana, créant du sifflement tout droit venu de l’antre du Diable et comme s’il recherchait quelque chose sous terre, frappait le sol dégageant toutes les impuretés dans les canaux du fleuve. Mais la chaleur matinale modéra son action nuisible et le stoppa net.

Le temps des Ténèbres fut révolu et le piaillement soudain des oiseaux mit fin à la bataille. Le Jour avait remporté sur la Nuit et imposa sa lueur sur les eaux rosées des canaux, lesquelles reflétèrent des formes arrondies et mobiles le long des murs démesurés et diffusaient une fraîcheur matinale bienfaisante.

Les canaux devinrent bondés au bout de quelques minutes : la vie avait repris son cours. Ce fut une grande victoire pour le Jour même si la bataille ne dura que quelques petites dix minutes et malgré cela ce ne serait pour les êtres vivants pas plus qu’une journée nouvelle et banale qui ressemblerait à la précédente et à la journée antérieure à la précédente. Par contre nul ne sait s’il se réveillerait le lendemain…

- Papa, pourquoi devons nous lire cette histoire tous les matins en nous levant ?

Cette question provenait d’un petit garçonnet âgé de 8 ans mais il en faisait 2 de moins par sa taille. C’était un garçon très charmant, les cheveux blond comme le blé, toujours en pagaille et flirtant avec ses frêles épaules.

Ces yeux d’un bleu azur, pouvaient par un seul et intense regard dompter le plus insensible des voyous ou charmer la plus indifférente des filles qu’il croisait lors de ses promenades ou quand il se rendait au Centre de Culture d’Ivana du secteur central, l’établissement le plus illustre au niveau des apprentissages généraux. D’ailleurs, il possédait le badge des Grands Privilégiés, un badge n’étant décerné normalement à toutes personnes de n’importe quelle race ayant au moins quinze ans mais étant donné son omniprésence en ce lieu et son intelligence, le directeur principal décida un jour de lui en faire cadeau, ce qui ravit ses parents.

Depuis il le portait agrafé sur le coté droit de son veston et ne le quittait plus. Ces joues rosées par la joie de vivre rendaient son visage euphorique et se mariaient parfaitement avec son nez fin et court, il n’avait que huit ans.

En face de lui, un homme d’une grande taille était assis sur un fauteuil en vieux cuir.

Il avait un visage rayonnant de part son appartenance aux Immortels et donc ne pouvait vieillir et ainsi garder un corps jeune et vigoureux, un regard de Dieux avec ses yeux d’un marron vert divin, des cheveux d’un noir intense qui lui donnait presque un air asiatique.

Il détenait un sourire ravissant et charmeur l’ayant aidé à s’en sortir dans diverses situations. Ses habits étaient généralement très cossus sauf ce jour-là où ils furent d’une modestie accablante. Lui, avait bientôt neuf mille neuf cent quatre-vingt neuf ans.

L’enfant regardait son père comme un chien qui regarderait son maître, assis par terre, l’amour débordant à grand flot de ses yeux telles les immenses et perpétuelles chutes de Quiper sur le mont Gherez-Sani.

L’étonnement, le désir de découverte et le questionnement se lisaient aussi dans son regard profond et il attendait aux aguets la réponse comme un coup de sifflet que l’on donne. Le sourire débordant de joie et d’impatience s’adressait honnêtement à son interlocuteur.

Beaucoup plus de joie d’ailleurs que d’impatience car, plus que tout, il aimait son père et le serrait, dès qu’il le voulait, dans ses bras confortables et rassurants sentant toujours ce doux parfum qu’il se mettait avant son travail. Il lui reposa la question.

- Papa, pourquoi devons nous lire cette histoire tous les matins en nous levant ?

La pièce résonna de sa petite voix chétive. Le son, malgré la présence des nombreux meubles en lith, un matériau datant du Néo-Monde dont la couleur naturelle était un gris anthracite et dont la particularité était la beauté des reflets une fois forgé et dont la légèreté était un atout majeur lors de la confection d’armes blanches, se propageait précipitamment pour arriver à l’oreille des deux interlocuteurs.

- C’est une question un peu ridicule venant d’un enfant de huit ans ayant eu son badge de Grand Privilégié ! répondit le père avec ironie.

L’enfant contrarié par la réponse tripota son badge avec anxiété comme s’il avait peur que l’on le lui prenne. Difficile de savoir quelque chose que personne dans le centre de culture dont le grand directeur, ne veut parler.

Et où est le problème ! S’il voulait savoir ! Il en avait assez qu’on le prenne pour un simple gamin. Un gamin, presque un sale garnement qui importune les gens pour un rien mais ce qu’il veut connaître n’est aucunement un rien mais plutôt un plus, un plus qu’il n’en pouvait plus de ne pas en avoir la connaissance.

Mais est-ce une question, un sujet sur lequel son père accepterait de discuter ? Sûrement. Pourquoi ne lui dirait-il pas ce qu’il sait ?

Hein, pourquoi ? Le monde est plein d’imprévu et d’opportunité à prendre et bien il est temps que l’on lui dise ce qu’il a envie d’entendre.

Ces réflexions donnaient au môme un air bourru, quasiment confus. Le père se mit à badiner de son rire chaleureux et bienveillant ce qui redonna le sourire à l’enfant. Enfin peut être une réponse, maintenant il le saurait.

- On ne te l’a pas appris au centre de culture gamin ? Lui demanda le père, un petit sourire en coin.

Le visage du garçon s’assombrit soudain. Son père lui répondrait ainsi de la sorte comme un ignorant que l’on se moque ?

Non, il ne le lui laissera pas faire du tort. Sait-il au moins, lui, l’un des plus grands hommes d’Ivanna, pourquoi ce texte a autant d’importance ?

L’enfant reprit la parole et se justifia.

- Non, il n’y a que les Immortels nés il y a longtemps qui le savent.

- Je vois…

Il marqua une courte pause sur laquelle il médita sérieusement puis reprit. Il laissa échapper son haleine alors qu’il luisait par la recherche des mots, par la réponse appropriée qu’il lui transmettrait.

Cette haleine qu’il rejetait humait la douce senteur du petit déjeuner. Un petit déjeuner pour les Immortels est composé d’un bol multi céréales, d’un peu de viande fumée sur la grande plaque de lith de la cuisine.

Aujourd’hui, cette viande était d’un pur délice étant donné qu’elle avait été pendue pendant près de deux semaines dans la réserve. En plus de cette délicate odeur de nourriture, se mélangeait le délicieux parfum de la crème à raser qui effleurait de ce magnifique assortiment les narines du môme. Le père enfin ouvrit la bouche et exposa au gosse la cause de ses chimères.

- Cette histoire raconte le long combat de la lumière contre la nuit qui se déroule chaque aube quand le soleil se lève et son but est de nous rappeler que nous dépendons tous de choses qui nous surpassent. Il faut juste ne pas l’oublier, c’est pour cela que nous faisons une lecture chaque matin, pour se rappeler que l’à haut il s’est passé quelque chose d’important auquel nous ne pouvons pas interférer et agir.

- Oui mais ce n’est pas très banal une guerre, je veux dire que l’on en voit pas tous les jours, répliqua l’enfant.

Le père marqua une seconde pause plus longue et plus tendue. Il avait sa main sur son front mais regardait le garçon avec la même tendresse que celui lui vouait. L’enfant se demandait ce que son père pouvait penser. Pourquoi mettait-il tant de temps à réfléchir sur une question aussi simple ?

Avait-il posé par hasard une question piège ? Il n’en sait rien. En tout cas son père réfléchit donc cette question suscite quelque chose de compliqué. Soudain, le père retira la main de sa tête et reprit.

- En effet, les guerres et les conflits ne sont guère fréquents mais guère fréquents à l’échelle des mortels comme les hommes mais pour nous ou même pour l’univers et notre vie infinie sur ce monde, ce n’est pas chose semblable. Je n’ai pas, depuis ma naissance vécu de bataille mais mon immortalité m’en fera sûrement vivre des centaines, une infinité tant que l’homme sera en ce monde, sois en sûr. L’histoire du combat entre le jour et la Nuit permet de mieux comprendre ceci.

La réponse ne fut pas, pour l’enfant, à la hauteur de son attente mais n’insista point sur ce détail. Il se remit à contempler son père comme l’instant d’avant avec ses yeux remplis de sentiments. Le regard de son père lui répondait par son sourire n’ayant pas perdu l’intensité de sa chaleur.

- Alors gamin tu n’as plus de questions ? S’exclama soudain le père en éclatant d’un rire    forcé.

- Non ça ira Papa, si j’ai d’autres questions je les poserais au Maître des Réponses, répondit l’enfant.

- Le visage d’Orus s’assombrit soudain et ce n’était plus cette voix joyeuse qui émanait de sa bouche mais plutôt une tonalité ténébreuse. Sol s’interrogea sur ce changement très sournois.

- Je ne te demanderais qu’une seule chose gamin.

- Dis-moi Papa.

Le faciès du père se changea de nouveau cette fois en un sourire moqueur.

- Je ne sais pas si tu es assez grand…dit-il d’un ton railleur.

- Arrête de me prendre pour un gosse de six ans ! Cria l’enfant en se jetant sur son père et faisant exprès de le frapper de ses petites mains.

- Tu en as pourtant le physique sans te vexer, répliqua le père pouffant de rire.

- Et toi tu en as la mentalité mon cher, dit une voix derrière le père.

Il se retourna et se trouva en face d’une femme ravissante aux traits jeunes et vigoureux. Son visage, mis à part les plis de fausse colère sur son front, était vierge de ride toujours cette même particularité propre aux Immortels: ils restaient jeunes. Ses cheveux blonds bouclés descendaient jusqu’au bas des fesses avec une extrême délicatesse et se fondaient à la perfection avec sa robe rouge.

Elle avait les yeux marron clair, le nez un poil crochu mais d’une finesse divine. Ses lèvres et ses joues rouges seyaient avec sa robe avec une rare perfection. Le père semblait un peu confus par l’humiliation qu’il venait d’encaisser et se calma tendit que l’enfant, lui, riait de plus en plus belle. Quant à elle, son âge dépassait comme son mari la neuf millième et quelques années sur le monde.

- Grenat, mon opale tu n’es pas obligée de me rabaisser devant le gosse, se plaignit-il à sa femme tout en montrant l’enfant plié en deux par le fou rire.

- C’est tout simplement parce que tu le mérites Orus, répondit Grenat, Sol lève toi tu vas te salir !

- D’accord Maman ! Répondit-il à sa mère après s’être à son tour calmé.

- Orus dépêche-toi de terminer ce que tu avais à dire à ton fils et file vite si tu ne veux pas être en retard au travail !

Puis elle partit vers sa chambre afin de pouvoir finir de s’habiller. Ils attendirent que la porte coulissante se referma et Orus reprit.

- Ah les femmes ! Je te conseille d’en trouver une moins désagréable que ta mère gamin !

Sol tira sa langue de dégoût.

- Saches que je t’ai entendu Orus ! On aura une petite discussion ce soir ! cria d’une voix distincte Grenat de la pièce d’à côté.

- Attends-tu ne m’a pas laissé finir ! J’allais dire également qu’il en trouve une aussi magnifique que toi !

- N’essayes pas de te rattraper tu es lamentable ! dit la voix.

- Mais chérie c’est vrai…

 - Mais il me prend pour une cruche en plus ! Tu vas voir ! coupa de nouveau la voix.

Il marqua une courte pause où il soupira et reprit.

- Bon où en étais-je déjà gamin ?

- Tu voulais me parler d’une chose importante.

- Ah oui c’est ça écoute-moi bien !

- Ok Papa.

- Bon je voudrais que tu lises chaque jour en te levant ce texte et que tu médites dessus au moins trois minutes.

L’enfant plissa les yeux avec un air d’interrogation.

- Mais c’est ce que l’on fait tous les deux chaque matin, répondit Sol un peu déboussolé par ce qui venait de se dire et désignant la vitre de lecture où s’affichait le texte de son petit doigt.

- Il se trouve que je ne serais peut-être pas toujours là pour…

Il abaissa les yeux et l’enfant ne comprit pas.

- Pourquoi tu ne serais pas là ? Pourquoi racontes-tu ça Papa ?

Orus se tût, mit sa main devant sa bouche et déglutit tout en détournant les yeux de Sol. Ses sourcils se plissèrent et ses traits se fermèrent rendant son air sérieux presque sévère puis cet air se changea en tristesse et il ferma les yeux en renversant sa tête vers l’arrière comme s’il voulait oublier quelque chose de pesant pour son esprit.

Il fit craquer une cervicale avant de relever sa tête et fixa Sol dans les yeux un moment, le visage marqué d’une tristesse blessante.

Pourquoi dis-tu ça Papa ? Pourquoi parles-tu d’absence alors que je t’aime ? Ces questions se répétaient très rapidement dans sa tête, hurlant tel le désespoir empreint de son âme tout entière.

Cela ne se pouvait ! Mais alors que raconte-t-il ? Il ne le laisserait pas tout seul sa mère et lui ! Pas lui ! Des images de son père disparu se mirent à le harceler tournant comme une bande de galopins se plaisantant de leur victime.

Il se sentait encerclé par ces mauvaises pensées ricanantes et malsaines. Son visage jovial se modifia aussitôt en chagrin éperdu. Des larmes apparurent sur le visage de l’enfant qui regardait son père toujours de la même intensité.

Quant à Orus, il observait ses yeux devenir rouge, la larme sortir de la paupière et ramper comme un serpent le long de sa joue. Ce phénomène suscitait chez lui une grande curiosité. Il tendit sa main vers l’enfant et d’un geste lent il les sécha et caressa la joue rosée de Sol. Il colla sa tête vers son menton et l’embrassa sur le front tout en caressant cette fois-ci ces cheveux blonds en pagaille. L’enfant lui répéta toujours en proie à la tristesse.

- Pourquoi dis-tu ça Papa ? Pourquoi ?

- Il faudra bien que je te le dise un jour.

Sol se redressa se détachant ainsi de l’étreinte de son père qui garda en l’air la main qui caressait ses cheveux et dit.

- Mais tu es immortel, tu ne peux pas mourir Papa !

- Il pourrait m’arriver quelque chose de grave, un accident ou autre chose…

L’enfant pencha sa tête toujours une larme menaçante au coin de l’œil scrutant jusqu’aux abysses de la prunelle des yeux de son père recherchant un indice que tout ce charabia voulait signifier. Il pourrait m’arriver un accident. Depuis quand un Immortel se souciait-il du futur ?

Les Immortels ne vivent que dans le passé et le présent mais ne s’intéressent jamais au futur. Ces nouvelles questions perturbèrent à nouveau Sol. Il venait de se rappeler qu’il méditait beaucoup sur sa vie éternelle et cela il ne le comprenait pas. De plus l’idée renaissante de vivre l’éternité sans son père lui était insupportable. Puis son père reprit toujours de son ton monotone et monocorde.

- Un jour tu te lasseras de ma présence.

- Jamais ! Cria Sol presque instantanément.

Orus lui adressa un petit sourire aussi fugace qu’un éclair et marmonna une phrase incompréhensible.

- En tout cas, reprit le père, s’il me venait de m’absenter pour je ne sais quelle raison, médite sur ce texte, fais le pour moi, fais le en ma mémoire.

- Mais Papa…

Le visage d’Orus devint grave et ses yeux fixaient intensivement Sol.

- Promets-le-moi s’il te plaît.

- Je… Je…Je te le promets ! répondit Sol confus.

Un grand sourire remplaça l’expression sévère d’Orus et il reprit.

- Merci gamin.

Sol lui rendit son sourire mais ce qui avait été dit l’avait pas mal perturbé. Ce qui était sûr, c’était qu’il n’oublierait jamais ce jour où sans savoir pourquoi son père lui parla d’absence et de promesse.

Pourquoi parler de ça aujourd’hui ? Pourquoi ? Son sourire n’était pas honnête, trop de questions le tracassaient, trop de choses se bousculaient dans sa tête. Encore une fois l’impression d’être harcelé le gêna.

Puis un déclic survînt, une sorte de libération de son esprit, une question à laquelle son père pouvait donner une explication rationnelle.

- Pourquoi suis-je le seul enfant Immortel à Ivana ?

Orus le regarda d’un air surpris peut être stupéfait par la promptitude à laquelle Sol avait changé de sujet. Il lui sourit et le prit sur sa cuisse droite. Il fit une grimace dès qu’il sentit le poids de Sol écraser sa jambe, car malgré sa petite taille et sa constitution quelque peu chétive, l’enfant pesait presque 40 kilos ce que personne n’expliquait.

- Comme nous sommes immortels gamin, avoir des enfants peut s’avérer dangereux pour le monde sachant que nous ne pouvons pas vieillir et mourir de sénilité. Imagine un peu que nous soyons tellement développés que cette planète ne suffise plus à nous loger, à nous nourrir.

- Alors pourquoi suis-je né ?

- Tu as été une exception et gratifie les Dieux que cela fut ainsi.

- Pourquoi une exception pour vous et pas pour quelqu’un d’autre ?

- Parce que souviens-toi de ce que ton père à fait pour la ville, répondit Orus.

L’enfant réfléchit et répondit d’une manière très hasardeuse.

- C’est Pandore… ?

Orus acquiesça d’un bref mouvement de la tête, adressa de nouveau son sourire bienveillant à Sol que celui-ci lui renvoya. Enfin un point de clair ! Se dit-il dans sa tête. Mais une voix interrompit son engouement.

- C’est bon, t’as fini Orus ? Tu vas arriver en retard ! N’oublie pas ton déjeuner sur la table à l’entrée ! beugla Grenat de l’autre pièce.

- Merde ! Il est quelle heure ? Hurla-t-il en consultant la vitre des heures où s’affichait avec une grande précision l’heure, les minutes et les secondes.

Il déposa Sol à terre, lui caressa encore ses cheveux de blé en broussailles et, se baissant, collant ses lèvres à son front d’ange qu’il embrassa. C’est alors que Grenat rentra dans la salle et à la vue du visage encore souillé par les ondes de tristesse, se précipita vers lui.

- Que lui as-tu dis Orus ! hennit la mère en essuyant de sa belle robe rouge, la face de l’enfant.

      - Il m’a demandé de lire chaque jour l’Histoire du Grand Combat, répondit difficilement Sol dont la figure était malaxée par les gestes tendus de sa mère.

- Ce n’est pas tout je présume Orus ! répliqua-t-elle.

 - C’est vrai je lui ai dit autre chose… concorda Orus la voix devenant nonchalante ce qui crispa Grenat et, se courbant sur Sol, lui demanda.

 - Réponds-moi Sol, qu’est ce qu’a dit encore ton père de mal pour te mettre dans un tel état ?

Sa voix était plus posée que lorsqu’elle parlait à Orus et garda un œil malveillant sur lui.

- T’en fait trop chérie, bredouilla le père tellement doucement que Grenat n’y fit pas attention.

- Papa a parlé d’absence… lui dit Sol se jetant sur elle.

Elle l’embrassa sur sa joue rose ce qui eut l’effet de le calmer, se releva et avança d’un pas lourd et confus tout en consultant la vitre des heures en direction d’Orus qui la fixait attentivement. S’il avait été dans le cerveau de Grenat, Sol aurait bien cru qu’elle se retenait de pleurer.

C’était une des curiosités qu’il avait sur ses parents. Pourquoi ne pleuraient-ils jamais, du moins pas devant lui. D’ailleurs, il n’avait jamais vu les Immortels pleurer devant lui. Grenat fut enfin devant Orus. Ils s’échangeaient des regards comme si leurs yeux se parlaient d’une langue muette que seul leur propriétaire peut entendre.

Puis Orus baissa ses yeux et Grenat fit de même et un long silence s’installa. Sol ne comprenait pas. D’ailleurs il ne comprenait rien depuis le début de cette conversation. Pourquoi lui qui est si intelligent, pourquoi tout cela lui est étranger ? Certains sentiments, tel l’amour, il ne les comprenait pas.

Son père lui disait toujours qu’un jour sans s’en rendre compte, il trouverait la véritable signification. Peut être aussi avec le temps comprendrait-il cela ? Un jour, Orus lui dit que se serait sûrement Pandore qui lui apporterait la réponse cependant quand il lui demanda, elle lui répondit qu’elle n’en savait rien.

Alors il alla voir son père qui lui dévoila qu’elle ne le lui dirait pas mais qu’il verrait la réponse en elle. Encore quelque chose qu’il ne comprenait pas : « la réponse en elle ». Qu’est ce que cela aussi voulait bien signifier ?

- Bon, je vais devoir y aller si je ne veux pas me faire réprimander par mes salariés. Et puis j’ai Lionel qui m’attend pour la grande réunion du personnel, lança tout d’un coup Orus.

Il chuchota quelques mots dans l’oreille de Grenat et cette dernière hocha la tête avec un sourire faussement joyeux. Sol, mécontent que l’on ne s’occupe pas de lui, tira la chemise de son père ce qui le força à l’écouter.

- Est-ce que je peux rendre visite à Pandore aujourd’hui s’il te plaît Papa ? Supplia l’enfant à son père.

- Ok gamin mais par pitié ne la dérange pas comme l’autre fois lors de ses séances de guérison, lui répondit Orus un sourire en coin.

- D’ac’ Papa !

Et Sol s’en alla la joie au ventre par la porte de lumière qui séparait l’appartement de la rue. Orus regarda filer l’enfant et Grenat quant à elle dévorait des yeux son mari et lorsque Sol disparut de son champs de vision elle lui lança.

- Tu aimes ton fils, ça se voit.

- Oui tellement que je ne me souviens plus de la vie avant sa venue. Parle-moi de ces journées que j’ai oubliées, de ces journées de printemps où l’infini se mêlait au bonheur de la vie.

 - Tu étais plus arrogant et moins attentionné.

Ce fut la réponse de Grenat, un peu dure mais exacte cependant. Il se remémora ces nombreuses années de débauche en quelques secondes. La vérité venait d’être mise au goût du jour mais aussi terrible qu’elle paraissait, elle ne le choqua nullement au contraire cela fut comme une purge mais une très bonne purge qui donne le sentiment de se vider totalement de ses tracas. Puis il reprit dévorant des yeux la belle en face de lui.

- Vraiment, étais-je à tes yeux un monstre dénué de sens et d’esprit, ironisa-t-il plaçant ses bras autour du cou de Grenat.

- Tu étais même pire, un vrai fils de typhon, plaisanta-t-elle.

- Mais un monstre qui n’a jamais résisté à ton charme mon opale.

- Oh toi !

- Le monstre attaque ! cria-t-il en poussant un rugissement tout en lui baisant le cou de ses lèvres humides la léchant par endroit.

- Oh lala ! Mais quel abominable monstre ! Continue, tu le fais bien ! Tu n’en aurais pas été un par hasard dans une vie antérieure.

- Parce que tu en doutes, ricana Orus en remontant sa tête au niveau de celle de Grenat.

Ils se fixèrent un moment. Jamais Grenat n’avait changé depuis leur première rencontre il y avait longtemps de cela. Ses yeux marron brillaient de la même intensité, ses cheveux bouclés lui faisaient toujours cette impression d’un coup de poing dans le ventre mêler d’un je-ne-sais-quoi de bienfaisant qui lui plaisait énormément.

Il empoigna de toute sa passion la tignasse blonde de Grenat, elle fit de même avec ses cheveux. Le souffle de leur respiration se fit bruyant tandis que leur voix se dissimulait sous ces bruits d’expirations. Œil pour œil, ils se fixaient tendrement attendant le moment fatidique où le plus audacieux oserait faire le grand pas.

Ils étaient seuls sans qu’ils puissent s’en rendre compte, ils croyaient être scrutés par une quelconque ouverture traîtresse comme la serrure. Mais ils finirent par se dire que leur amour ne les concernait que tous les deux et que tout voyeur malsain ne pouvait que jalouser leur amour. C’est ainsi que leurs bouches se rapprochèrent petit à petit et leurs yeux se fermèrent.

Lorsque enfin elles se touchèrent, se fut un baiser intense qu’ils entamèrent. Il y avait une éternité qu’Orus n’avait pas savouré l’étrange goût de fraise que dégageait sa bouche. Il avait oublié le plaisir des langues entremêlées, la chaleur de sa nuque et sa poitrine au contact de ses mains. Tout cela, il le redécouvrait avec un plaisir infini. Un plaisir qu’il ne pouvait pas définir mais dont l’émotion dégagée lui faisait oublier toutes ses questions.

Lorsqu’ils eurent fini, ils se fixèrent dans les prunelles se caressant les joues. Celles de Grenat étaient douces et agréables. Enfin elle lui sourit et lui dit cette fois-ci de sa voix doucereuse et mélodieuse :

- Il y a longtemps que j’ai prié les Dieux pour que tu m’offres un tel cadeau.

- Il y a longtemps que je me suis privé de tels délices. Je regrette profondément, répondit-il subjugué.

- La Rivière du Temps s’écoule et les plaisirs quotidiens s’effacent, il ne faut jamais les oublier. Même si nous sommes immortels et liés à vue par le sceau de la passion, cette Rivière nous emporte sans que nous la sentions dans les abysses de la fin du monde. Elle nous érode, nous consume et nous ne nous en apercevons pas. Le temps fait des ravages sur nos vies et meurtrit nos amours. Tu viens juste de t’en rendre compte. Fais-le pour lui.

Il embrassa sa main qu’elle hasarda sur sa bouche et une sorte de mutisme le frappa pendant quelques secondes. Il lui assura dès que sa tête se remit en route perturbée par des pensées funestes.

- Promis !

Il baissa la tête et de sa main Grenat la releva.

- Tu vas y arriver, j’ai foi en toi.

- Reste que j’ai foi en moi.

- Cela tu le découvriras par toi-même.

Son regard ensorcelant le paralysait d’amour mais le devoir du travail l’appelait. Il laissa donc à regret Grenat, prit sa veste et ses effets et s’en alla à son tour.

Dix minutes furent passées depuis le départ de Sol. Il songea à l’enfant gambadant dans la ville se dirigeant vers le Centre de Culture. Il descendit les escaliers de lumière jusqu’au garage et ouvrit la porte. Puis il repensa à Grenat, de son baiser, des sensations procurées, de la chaleur de sa nuque, de la rondeur de sa poitrine…

Il regrettait de ne pas l’avoir embrassé une dernière fois avant de partir travailler… une toute dernière fois. Il rentra dans son VVC (Véhicule Volant sur les Canaux) de marque Dragon DL, le meilleur véhicule conçu sur Ivana et pour Ivana. Il entrevit avant de partir une étrange silhouette debout sur le toit d’un petit immeuble voisin. Il n’y prêta guère attention et enclencha le contact.

Comme Orus l’imaginait, Sol gambadait paisiblement le long des embarcadères d’Ivanna, seul, animé par son enthousiasme d’aller au Centre de Culture. Comment un gosse comme lui pouvait être animé de cet enthousiasme ? Peut être la joie de découvrir les choses de la nature, cette bonne vielle constitution mettant en valeur les qualités et les défauts de ce monde. Il ne savait pas si un jour il en aurait assez d’apprendre ou si un jour il aurait tout appris.

L’Histoire, tout cela, il connaissait à peu près du moins celle du Néo-Monde. Ce Néo-Monde qui avant se composait d’une seule sphère appelée Terre, qui détruite par les Hommes et leurs inventions diaboliques se décomposa en deux parties : l’une Castor, l’autre Pollux.

On lui avait enseigné comment les Hommes il y a des dizaines de milliers d’années abandonnèrent la Terre en pleine phase de décomposition à bord d’un vaisseau « Le Sauveur » qui les hiberna durant toute la mutation de leur Terre.

C’est ainsi que lorsque leur sommeil spatial s’estompa des millions d’années s’étaient écoulés, l’ancienne génération disparue et la nouvelle prit le pouvoir. Ils décidèrent alors d’atterrir sur Castor.

C’est ainsi qu’ils découvrirent la terrible vérité : de nouvelles espèces intelligentes dont principalement les Immortels, les Fourds, une espèce dérivée des félins ayant développé une force et une culture que nul ne contesta même si elle semblait néanmoins assez tribale. Les Anges étaient la troisième des espèces surdéveloppées de Castor.

Pour ces derniers, l’agilité que produisait chaque mouvement de leurs ailes dépassait l’entendement tellement la vitesse qu’elles engendraient était monumentale. Ils pouvaient presque se rendre invisible grâce à cette agilité divine.

Sol n’avait jamais vu d’Humains, de Fourds ou d’Ange, il ne les connaissait que par l’intermédiaire des vitres de leçons ou s’affichaient les cours au Centre de Culture. Il connaissait assez bien la géographie de Castor et de Pollux.

Castor la planète où Ivanna existait était particularisée par ses quinze fleuves émergeant de Gherez-Sani dont Quiper l’axe fluvial qui immergeait la ville depuis toujours. Il y avait aussi le long continent de la Forêt qui dominait une grande partie de la planète.

Ce continent dit dangereux où l’on rencontrait des monstres de la Néo-Espèce passionnait l’enfant. Quels genres de monstres y’a-t-il ? Sont-ils aussi terribles que ce que racontent les vitres de leçons ? Est-ce que je pourrais un jour en rencontrer un ? Qui sait un de ces jours ?

Mais cette réflexion s’arrêta net quand il cogita se retrouvant seul devant ces bêtes féroces et sans pitié que même le plus abruti des forains n’oserait montrer dans l’une de ces espèces de foires puantes de voyeurisme sous peine d’en perdre le contrôle et de causer ainsi une véritable boucherie indescriptible.

Immondes bestiaux que ceux-ci ! rectifie-t-il dans sa tête. Comment avoir pu penser à quelque chose d’aussi abominable ? Comment est-ce qu’il pouvait penser à ça ! Les seuls tordus capables d’approcher ces Terres maudites ne sont autres que ces marauds de Chasseurs de Mythes ! Il n’y a pas plus tordu qu’un Chasseur de Mythe ! Tous tarés. Sans exceptions. Mais que ferait l’Histoire sans eux ? Ce sont eux qui cherchent l’élément caractérisant notre Histoire.

Non, ce sont quand même des tarés ! S’aventurer dans des pétrins infinis pour rechercher quoi de plus qu’un morceau de notre Histoire. Mais c’est notre Histoire.

Papa dit que ce sont des débouches du cul, de vrais salops qui sont prêts à tuer pour obtenir un morceau de notre Histoire. Des tarés rien de plus ! Des alcoolos impossibles à raisonner ! Ces formules que lui avait un jour relaté Orus tournoyaient affreusement dans son cerveau, il ne savait plus du tout à quoi penser.

C’était comme une sorte de querelle intérieure entre les raisonnements de son père et sa conscience. Cela le déboussolait, le déconcertait et il manqua de tomber dans le grand embarcadère d’où filaient telles des comètes les innombrables VVC.

Ce fut un choc terrible : penser tomber dans ce putain de traître de piège mortel. Il ne put imaginer la tête de son père le pleurant de toutes ses larmes jusqu’au dessèchement de son corps. Cette horrible impression de mort le submergeait telles les vagues du Quiper submergeaient le petit trottoir devant lui.

Pourquoi ces idées le tracassaient-elles autant ? Pourquoi la mort venait détruire ses heureuses pensées ? Aucun raisonnement n’arrivait à lui faire comprendre le pourquoi de ce délicat parce que. Les pétales de fleurs roses tombant du balcon au-dessus voletaient au gré du vent doux aussi doux que la soie de la bouche de Grenat.

Les pétales se déposèrent délicatement sur l’eau douce aux reflets rosés détachant ses couleurs sur le mur blanc à proximité créant de merveilleux dégradés ondulant au rythme de ces flots purs. Papa ? Pourquoi m’as-tu parlé de mort ? La discussion du matin revint dans sa tête défiant sa conscience et son immaturité.

Bordel mais pourquoi ces idées m’obsèdent ? Parce que tu ne veux pas distinguer la vérité de tes propres yeux, il faut à chaque fois que tu la cherches par ceux des autres. C’est en regardant et en jugeant avec tes propres sens que tu la verras.

Qui était cette voix mystérieuse qui avait prit le contrôle de son cerveau ? Que voulait-elle dire ? Il ne l’avait jamais entendue auparavant. Etait-ce sa conscience ? Puis la voix réapparue, changeant brusquement de sujet.

Que sais-tu sur Pollux ? Pollux… Que sais-je sur Pollux ? Pourquoi son cerveau lui lançait de tel défi ? Pollux est la seconde planète issue de la Terre. Elle est reliée à Castor par le passage de « l’Ascenseur », un grand couloir où se déplace une immense plate forme joignant les deux extrémités des deux mondes.

Voyons voir, l’entrée de « l’Ascenseur » est lourdement gardée par la cité de Ravengh, une étrange ville bâtie sur une surface sphérique régit par une force de gravité qui lui est propre, ce qui permet aux habitants de se tenir debout sans jamais chuter.

Sol aurait bien aimé visiter Ravengh. On lui racontait que là-bas l’horizon changeait à chaque pas. Mais qu’y avait-il d’autre sur Pollux ? A oui les célèbres chutes des plateaux de l’Hypocanthe.

Le plateau qu’aucun ne réussit à gravir tellement les pentes sont sinueuses et glissantes. Même une VVC ne peut l’escalader. Aucun Chasseur de Mythe n’a accompli un tel exploit, autant dire que la tâche est impossible.

Puis il y a la légendaire ville des Anges à l’autre bout de Pollux, Michaela. Seuls les Anges savent traverser le Pont des Tourments, l’unique passage menant à la cité. Là-bas, les rumeurs racontent que les maisons volent comme par magie et au-dessus, dominant tous les territoires, se trouve le château du Grand Michaelé, le roi des Anges.

Une ville volante ! Pourquoi pas ailée pendant qu’ils y étaient ? Encore une farce de ses Chasseurs ivrognes !

Voilà tout ce que Sol savait sur Pollux. En tout cas, c’était l’essentiel. Non, il n’allait pas non plus citer le nom des quatorze colonies humaines.

Non, ils ne méritent nullement une telle faveur. Ce sont des brutes, des sanguinaires ! D’ailleurs, ce sont les Humains qui sont les plus nombreux à participer à la Chasse aux Mythes.

La preuve que cette espèce est corrompue : ils se battent pour posséder le monopole de la célébrité. La plupart de ces marauds égorgeraient un enfant pour faire fortune. Quels enfoirés ! Les Immortels, eux, ne sont pas intéressés par l’argent et la gloire mais par la paix et la vérité. Il n’existe pas de Chasseur de Mythe Immortel. La preuve est faite, les Immortels sont la race la plus pure de ce monde.

Arrête !

Encore cette voix ? Mais pourquoi me tourmente-t-elle ?

Réfléchis à deux fois avant de critiquer ! Tu ne vis que sur des préjugés. Le monde n’est pas si noir là où tu aperçois les Ténèbres et n’est pas si immaculé là où tu contemples un paradis.

Pourquoi me tourmentes-tu ? Qui es-tu ? Que me veux-tu ?

Je veux t’ouvrir les yeux sur les vérités cachées. Tu sais exactement qui je suis. Suis le chemin que l’on te trace et tu sombreras dans le chaos, ouvres ton cœur aux qualités des gens, découvres leur bonheur, leurs mœurs et tu ressurgiras des flots qui t’entraînent dans un tourbillon destructeur.

Tu parles par énigmes, je ne te comprends pas !

C’est parce que tu restes concentré sur ton cerveau, écoute les doux battements de ton cœur, suis l’instinct de la curiosité, laisse toi guider par tes pas et tu comprendras.

Curieusement, l’enfant obéit.



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